Polynésie française

Vigie sanctuaire : Honorons ces grands migrateurs et limitons le risque de collision

Environnement

Slogan

Honorons ces grands migrateurs et Limitons le risque de collision

Dans le cadre de ce projet, les observations sont réalisées à bord des ferries effectuant les traversées quotidiennes Tahiti -Moorea. La zone d'étude sera donc la route maritime empruntée 20 fois par jour en moyenne pour assurer le transport des passagers entre ces deux îles. Il s’agit grâce à cette surveillance de mieux comprendre  les phénomènes de collision et ainsi de les prévenir. En  effet, malgré l’emploi d’AIS (Automatic Identification System) nous devons déplorer deux accidents mortels  déclarés à ce jour : -  7 septembre 2012 Terevau, traversée Moorea-Papeete. Collision par l’avant. -  14 octobre 2015 Aremiti, Vaiare 8h30 en sortie de passe. Collision par l’arrière. La collecte des données réalisées depuis des ferries présente de nombreux avantages : moindres coûts, couverture  dans l’espace et le temps ainsi que leur homogénéité. Cette présence à bord des ferries permet ainsi d’acquérir une  meilleure compréhension des situations de collision entre ces navires et les grands cétacés afin de mieux les anticiper et les éviter.Les objectifs de l’étude sont de :1/Cibler la prise de décision de gestion en : •  Améliorant la connaissance sur le suivi et la saisonnalité des populations de cétacés au sein du Sanctuaire Polynésien. •  Augmentant les connaissances sur les cétacés et leurs habitats en apportant de nouvelles données.2/ Apporter des informations sur les cas potentiels et éviter des collisions en :  •  Détectant des cétacés en temps réel par les observateurs de mammifères marins (MMO) embarqués sur les ferries pour réduire les risques de collision. •  Remplissant les fiches avec l’ensemble des paramètres de la collision ou de l’évitement afin d’améliorer la compréhension de ces évènements. •  Alimentant et faisant évoluer les cartes de risques de collisions potentielles pour les grands cétacés et notamment en évaluant le risque et les zones critiques pendant la saison.Pourquoi protéger ces espèces ? La préservation de ces grands migrateurs est une nécessité en matière de maintien des équilibres écologiques à l’échelle planétaire. Aussi leur valeur patrimoniale doit être considérée, la baleine à bosse se classe parmi les plus gros animaux que la Terre ait portés et joue de fait un rôle majeur dans le développement du tourisme d’observation des cétacés sur la zone. En terme de biodiversité, nous savons que malgré le statut des baleines à bosse dans le Monde (« Least Concern » ;  IUCN), la population d’Océanie et donc de Polynésie française (F2) est toujours considérée comme en danger (« ENdangered », IUCN). Ce statut particulier impose aux gestionnaires de l’environnement une attention toute particulière pour leur préservation. Le phénomène de collision n’est que très peu renseigné en Polynésie. Si le nombre de baleines réellement tuées reste à préciser, on a pu estimer dans le Monde qu’au moins 16 à 20% des rorquals morts connus ont été tués par une collision. Ce taux est particulièrement inquiétant au regard des caractéristiques écologiques de ces populations. Tous ces éléments réunissent scientifiques et gestionnaires autour d’une idée claire : il est indispensable de développer rapidement des dispositifs permettant de limiter les risques de collisions qui représente toujours à ce jour une menace pour  les grands cétacés.Ce projet répond au besoin d’assurer un statut de conservation favorable pour les populations de cétacés en Polynésie française,. Il s’agit également de valoriser le Sanctuaire des mammifères marins mis en place depuis 2002 en proposant des actions de conservation concrète.Ce besoin a été identifié par l’association Oceania , les compagnies maritimes, le grand public et les organismes mondiaux tels que IFAW, IUCN…Le public bénéficiaire : les autorités locales, les gestionnaires de l’environnement, le grand public, les  touristes, la population locale, les compagnies maritimes, la communauté scientifique.