La Réunion

Sensibilisation et valorisation des déchets de la restauration

Environnement

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Think of tomorrow

Sensibilisation et valorisation des déchets de la restaurationCatégorie : Environnement Développement d’une technologie spécifique prévue pour le territoire de la Réunion A l’heure où les problématiques sociales et environnementales semblent sans cesse en augmentation, à l’aune de la croissance démographique, il est important de placer une dimension environnementale et sociale au cœur de la société, au cœur du quotidien. Le cri d’alerte écologique a été lancé, il est du devoir des politiques publiques de s’en saisir, et c’est aussi le devoir de l’usager. Nous sommes tous responsables du monde qui nous entoure et nous pouvons tous agir à notre échelle. En regardant le monde qui nous entoure, nous nous sommes vite rendus compte qu’il fallait trouver des solutions pour les générations à venir. Soucieux du monde de demain et familiers du monde de la restauration, Thomas et Hanna ont commencé à réfléchir aux solutions envisageables dans ce secteur par rapport à la problématique environnementale mais aussi sociale. Si on pense souvent à une alimentation saine, biologique, équilibrée pour le consommateur, on oublie généralement de regarder derrière le comptoir et notamment en cuisine. La restauration, qu’elle soit à petite ou grande échelle, consomme beaucoup et produit énormément de déchets. Et si tout était une question d’organisation?  I) Organiser le métier de la restauration en tenant compte du cycle de vie des produits D’une part, il faut réfléchir au fonctionnement même de la restauration. Plusieurs questions émergent, comment les restaurateurs peuvent contribuer au monde de demain ? Comment intégrer l’écologie dans leur quotidien ? Comment l’environnement peut compléter leur métier ? Quelles sont les opportunités environnementales et sociales ? D’autre part, et c’est certainement la question la plus difficile, comment conduire les gérants de restaurants à s’intéresser à l’écologie et à s’impliquer ? Si certains sont concernés par la crise environnementale et recyclent,  la majorité des restaurateurs sont formés à la restauration et non à l’environnement. Leur problématique n’est pas comment améliorer le monde à travers leur commerce mais comment améliorer leur offre pour le consommateur. Ce commerce représente généralement une vie, et le temps est une ressource rare : réfléchir à des actions pour l’environnement correspond à s’éloigner de son activité principale. Nous avons décidé de nous saisir de cette question et de réfléchir à des solutions pour valoriser les déchets des restaurants, tout en accompagnant le restaurateur. L’économie bleue semble être une piste qu’il faut approfondir. Il s’agit d’économie circulaire : les déchets des uns peuvent être utilisés dans les processus des autres. Le principe est simple, déchets + connaissances = richesse. Nous souhaitons nous engager pour répondre à ce problème, et le résultat est prometteur tant en terme de richesse pour notre planète qu’en termes d’emplois. Si plusieurs solutions restent à développer, nous avons décidé de nous concentrer sur le recyclage d’huile de friture usagée. Et si on organisait le traitement de ce déchet difficile à gérer pour la restauration en termes de stockage et d’acheminement en déchetterie ? Tout est une question de sensibilisation car l’offre que nous proposons n’engendre ni frais, ni investissement personnel du restaurateur. II) Sensibiliser les restaurateurs à la démarche de recyclage : la valorisation de l’huile de friture usagée Nous souhaitons créer de la valeur ajoutée à un déchet très présent dans la gastronomie réunionnaise, et notamment dans les restaurants (privés ou collectifs) : l’huile de friture usagée. L’huile de friture est un déchet à fort potentiel énergétique. Après son utilisation dans la restauration, elle peut être traitée et transformée en biodiesel incorporable dans le gazole routier. Les collectivités locales peuvent introduire jusqu’à 30% de biodiesel dans le gazole de leur véhicule. Cette solution existe d’ores et déjà, et nous sommes persuadés qu’il faut poursuivre les efforts dans ce sens et notamment à La Réunion qui se trouve dans une situation complexe vis-à-vis du recyclage de déchets. En parallèle de la problématique environnementale, le contexte social de l’île est également à valoriser. Si le recyclage d’huile de friture a un fort potentiel écologique, il possède également un fort potentiel lié à l’emploi. Pour notre projet, nous nous sommes inspirés d’une entreprise sociale et solidaire située dans le Département du Nord, où nous étions étudiants. L’huile de friture usagée étant particulièrement abondante dans les Hauts-de-France notamment via les baraques à frites, l’entreprise qui nous intéresse s’est concentrée sur le recyclage de ce déchet et le développement d’une biotechnologie qui permet de réaliser un biodiesel de 2ème génération. La transformation est réalisée par des structures comme SUEZ. L’objectif étant, à terme, que celui-ci soit aussi issu de déchets (technologies existantes). L’entreprise a créé un partenariat avec le Ministère de l’Environnement et alimente désormais 3 types de véhicules de la ville de Lille : un autocar, une laveuse et une balayeuse. III) Notre offre de valorisation de déchets L’objet même de notre mission est la valorisation du biodéchet. Il ne s’agit plus de polluer les eaux, d’essayer de détruire le déchet, ni de le transporter pour sa destruction, il s’agit d’apporter une valeur ajoutée à l’huile de friture usagée.Nous savons, en tant que réunionnais, que ce déchet est abondant sur notre territoire. La plupart des restaurants privés proposant diverses fritures, des frites aux samoussas et autres beignets, sont de gros consommateurs d’huiles mais surtout, inévitablement, de gros producteurs d’huiles usagées. La restauration collective et les déchetteries sont également ciblées par le projet. Nous aurons pour mission de faire le lien entre plusieurs acteurs : les producteurs d’huiles de fritures usagées, les structures qui procèdent à la transformation et les collectivités ou agriculteurs. Notre offre se décline en 4 étapes :Mise à disposition des fûts aux restaurants (privés et/ou collectifs) voire les déchetteries Récolte de l’huile de friture usagéeTransformation en biodiesel deuxième génération par SUEZUtilisation par les services publics voire les machines agricoles Elle se décline donc en deux temps :Une offre de service :  la mise à disposition de fûts de collecte aux restaurants et la collecte des déchetsUne offre de produits : le biodiesel 2ème génération à destination des collectivités Si SUEZ Réunion réalise déjà sur le territoire une collecte de biodéchets pour répondre à l’obligation réglementaire, leur offre ne concerne pour l’instant qu’une vingtaine de partenaires. Après avoir contacté SUEZ Réunion, on nous a informé qu’ils ne créent plus de nouveaux contrats et que leur offre se limite actuellement uniquement à la vingtaine de contrats existants. Il existe donc un fort potentiel pour développer cette filière. IV) Une plus-value pour La Réunion Cette solution écologique permet à la fois d’atteindre les objectifs européens en matière de carburant (réduire la consommation des biocarburants de 1ère génération) mais aussi au niveau environnemental (réduction des émissions de gaz à effet de serre de 95% par rapport à la filière gasoil grâce à une industrie 100% locale). Chaque litre d'huile de restaurant valorisée permet en effet d'éviter l'émission de 3 kilos de CO2. La Réunion a des enjeux multiples en terme d’environnement, d’écologie, de renouvellement des énergies, de recyclage et le territoire est encore vulnérable. Nous tenons à mettre ce projet d’économie circulaire en place pour affronter les défis que notre territoire rencontre, tout en s’inscrivant dans les enjeux globaux de notre société. Participer aux assises de l’Outre-mer nous permet de poser les premières briques de notre projet et de gagner en solidité et en crédibilité. Avoir la reconnaissance de l’Etat nous offre une opportunité indéniable face à nos futurs partenaires qu’ils soient institutionnels (les services publics) ou privés. Face à un projet d’une telle ampleur, d’une telle ambition et possédant un potentiel aussi élevé, les Assises nous garantit une légitimité à toutes épreuves. Notre projet résumé en une courte vidéo : “Valorisation du biodéchet en restauration”https://www.youtube.com/watch?v=0lqKbrD0HzU&rel=0