Guyane

SAWA - Savoirs autochtones wayana et apalaï : une nouvelle approche de la restitution et ses implications sur les formes de transmission

Culture

OBJECTIFS:Un large ensemble de savoirs wayana et apalaï ont attiré l’attention des Occidentaux depuis le XVIIIe siècle, lesquels les ont recueillis sur différents supports graphiques (cartes, croquis), écrits (notes de terrain, livres, articles), audiovisuels (enregistrements sonores, films) et photographiques et à travers des collectes d’objets. Aujourd’hui, au carrefour des patrimoines matériels et immatériels, reliant aussi le patrimoine culturel et le patrimoine naturel, SAWA est une recherche appliquée qui vise à décrire, mettre à disposition et inventer la médiation des fonds et collections wayana et apalaï. Elle repose sur une étroite collaboration entre chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs, documentalistes, conservateurs du patrimoine et membres des sociétés wayana et apalaï. Ainsi, européen et amazonien, le projet SAWA est en prise sur un ensemble de priorités nationales et internationales concernant les patrimoines, la diversité culturelle et les langues ultramarines. Il aborde en outre des questions largement transnationales, inscrites au sein des dynamiques de recherches postcoloniales. Le projet se propose de développer un cadre de collaboration et une approche méthodologique qui puisse ultérieurement s'étendre à d'autres sociétés, notamment les Wayampi et Teko de Guyane française.Ce projet a été lancé en 2015 pour que, ensemble, différentes générations de Wayana et Apalaï et divers spécialistes, traitent des collections muséales et des fonds audiovisuels dans le but de restituer à ces sociétés amérindiennes des fonds documentaires (objets, images, sons) se trouvant loin de chez elles. Les institutions concernées permettent l’accès aux participants afin qu'ils se réapproprient ce patrimoine et, en retour, en enrichissent la connaissance. Dans chacune de ces activités, ils sont encadrés par des spécialistes dans différents domaines des sciences humaines et sociales (linguistique, ethnomusicologie, sciences de l’information…) qui les forment afin qu’ensemble ils produisent une plus grande intelligibilité de leur culture. Cette restitution se fait par une plateforme numérique multilingue, créée et conçue par et avec des Wayana et Apalaï, qui sont maîtres de la sélection du matériel à diffuser comme des accès, à un public large ou limité. Ce sont eux qui sont à l'origine de la demande de ce dispositif.ACTIONS :Plusieurs ateliers se sont déroulés depuis 2015 en Guyane française (au Musée des Cultures Guyanaises, et au Musée départemental Alexandre-Franconie de Cayenne) et à Paris (au Musée du quai Branly), ainsi qu’au Centre de Recherche en Ethnomusicologie à Nanterre. Plusieurs missions ont été effectuées dans les villages du Haut-Maroni et différentes rencontres ont été faites pour que les participants Wayana et Apalaï présentent et expliquent le projet. En 2018, il est notamment prévu de faire venir des Wayana et Apalaï du Brésil à Cayenne et sur le Haut-Maroni pour des ateliers de linguistique, de langue wayana et apalaï et pour la suite d’études des collections du Musée des Cultures guyanaises. En outre, il est prévu que des participants guyanais viennent à nouveau à Paris et Nanterre pour suivre une formation en vidéo, étudier de nouveaux fonds du musée du quai Branly et finaliser plusieurs manuscrits en langue wayana. Une première version de la plateforme numérique sera finalisée cette année (au moins wayana-français). Elle donnera accès à des photographies d'objets et de la vie quotidienne et des enregistrements audiovisuels de chants et rituels.Les ateliers consistent en l’analyse des collections muséales, des formations en linguistique, en musicologie et en réalisation vidéo, des séances de transcription et de traduction d’enregistrements audio. Après avoir porté principalement sur les objets liés au rituel Eputop et sur les jouets, les analysent se concentreront cette année sur la poterie, la vannerie et l’univers musical wayana et apalaï en collaboration avec les habitants du Brésil.PUBLICS :Il y a environ 2 200 Wayana et Apalaï et l’ensemble de la communauté devrait pouvoir accéder au site internet dédiée à leur culture. La communauté scientifique travaillant sur les enjeux de restitution des savoirs, aux populations amérindiennes en particulier mais pas seulement, bénéficieront de cette expérience dont les principes pourront être adaptés à d’autres communautés. Les institutions patrimoniales bénéficient directement de l’expertise des participants pour améliorer la compréhension et la valorisation de leurs collections.IMPACTS SOCIAUX :Le projet entre en étroite résonance avec les politiques de reconnaissance du patrimoine culturel immatériel par l'UNESCO. Il participe également à la construction de réponses à certains enjeux prioritaires concernant la situation préoccupante vécue par de nombreux jeunes amérindiens de Guyane française. Les actions s'articulent avec les dispositifs de médiation entre la langue maternelle et la langue de scolarisation dans les écoles.