Polynésie française

Médicalisation des patients atteints de maladies non transmissibles par la télémédecine

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La médecine de l'extrême

1 . ContexteRépartis sur une sur une surface de 5 millions de kilomètres carrées, la Polynésie française est du fait de cette caractéristique, la Polynésie française est de facto un désert maritime. Comme bien d'autres territoires d'outre-mer, la Polynésie française est confrontée à la problématique de la désertification médicale. Cette désertification médicale s'explique par l'évolution de la démographie médicale (les médecins préfèrent exercer en milieu urbain qu'en milieu rural). Cette tendance est allée dans le sens de la décroissance de la réponse médicale sur le territoire des Gambier (comme bien d'autres îles). Il est nécessaire de remarquer que la médicalisation de l'archipel par un médecin est chronique tandis que la population a évolué en sens inverse. Ainsi selon les statistiques de l'Institut de Statistiques de la Polynésie française, la population de l'archipel des Gambier a augmenté de 50% entre 2002 et 2017, évolution qui est allé en sens inverse de l'offre médicale. La qualité du suivi médical de ces populations s'est tendanciellement dégradée. A ce titre, le rapport du Dr. Cojan (2015) signalait que 13% de la population des Tuamotu-Gambier est atteint d'une maladie non transmissible (RAA, diabète type 2, insuffisances respiratoires), chiffre qui prend, selon les dires du rapport des proportions épidémiques (due à la hausse et au viellissement de la population). Il est utile de rappeler qu'encore une fois, l'offre médicale est allée en sens inverse de la demande sur site. 2. Médicalisation actuelle des GambierL'archipel des Gambier dispose d'un dispensaire au centre du village de Rikitea. Le suivi des populations atteints de maladies non transmissibles se fait de deux manières complémentaires : - des médecins spécialistes sont envoyées sur site dans le cadre du réseau inter-île. - les patients sont envoyés sur Tahiti pour procéder à des examens dans le cadre d'un transfert sanitaire. 3. La problématique de la médicalisation actuelleLa médicalisation actuelle des populations atteints de maladies non transmissibles engendre des surcoûts liés au logement et au transport lorsque le patient est envoyé sur Tahiti pour procéder à des examens complémentaires. De plus, les populations vivant dans cet environnement expriment une certaine réticence à se rendre sur Papeete pour toutes les questions logistiques susmentionnées d'autant qu'il est souvent difficile de rassembler les rendez-vous chez les médecins spécialistes sur le même créneau.4. Le projetLe projet de télé médicalisation des populations atteintes de maladies chroniques non transmissibles, vise à offrir une réponse technologique et organisationnelle aux problématiques de désertification médicale, de pénurie de médecin sur site impactant la qualité de soin. Pour ce faire, le projet s'appuie sur le réseau d'infirmiers(ères) diplômés(es) d'état et de médecins en libéral répartis sur le territoire. Une infirmière libérale est déjà présente sur le site de Mangareva. Cette infirmière est en contact H24 J7 avec un médecin libéral (Télémédecin) basé sur Tahiti. La télé valise PARSYS équipée de biocapteurs et d'un cloud sécurisé permet d'articuler l'activité et les rôles entre les praticiens de santé. Le cloud sécurisé permet à l'infirmière sur site de rentrer les données du patient dans le dossier médical partagé. Ainsi les données médicales du patient, une fois enregistrées sur le cloud sécurisé sont accessibles par le médecin libéral basé sur Tahiti. En vue d'avoir un examen complémentaire, le médecin général peut se tourner vers un médecin spécialiste qui rend son expertise. Au cœur de ce schéma organisationnel se trouve le dossier médical partagée qui articule le rôle des acteurs médicaux. Le projet de télé médicalisation s'appuie sur l'expérience de la médicalisation de l'atoll de Tetiaroa. En cela, il vise à démontrer qu'une mission de service public médical peut être menée par un opérateur privé. Il vise également à démontrer que la désertification médicale de ces territoires n'est pas une fatalité et peut être contournée par des moyens technologique et organisationel. A termes, il est question d'appliquer la solution proposée aux autres îles de Polynésie française, aux outre-mers et dans une moindre mesure à la France métropolitaine.