Guyane

Maroni Lab : Laboratoire d'expérimentations urbaines

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Saint-Laurent du Maroni, « capitale de l’ouest » guyanais, est en pleine croissance démographique et urbaine. Stratégiquement positionnée au cœur du plateau des Guyanes, la ville de Saint-Laurent du Maroni est une porte d'entrée européenne vers l'amazonie et les caraïbes. Située dans l’embouchure du fleuve Maroni et sur la route du littoral, la ville est transfrontalière par sa relation avec le Surinam. C'est une plateforme logistique pour toutes les marchandises remontant le Maroni. Aujourd'hui, deuxième ville de Guyane avec environ 45.000 habitants, les projections prédisent que la ville deviendra la première ville de Guyane à l'horizon 2030 avec 130.000 habitants en raison notamment du fort taux de natalité, des migrations et des enjeux du territoire. A l'heure actuelle, la ville est déjà sous équipée en terme d'infrastructures, de services essentiels, de services urbains et de logements. 66% de la population dépend des prestations sociales (Audeg 2017) et le taux de chômage est de 50% (INSEE 2014). Environ 20% des logements sont insalubres (Audeg 2017) et 25% de l'habitat est spontané (Audeg 2011). Les enjeux de développement urbains sont donc majeurs. Malgré les difficultés sociales, les idées pour améliorer les quartiers foisonnent auprès de la population et des acteurs de l'urbain. La municipalité cherche à développer stratégies de développement innovantes, adaptées à la singularité du territoire et a la dimension transfrontalière des problématiques. Pour accompagner et impulser les initiatives des acteurs de l'urbain, qu'ils soient institutionnels, professionnels, habitants ou usagers, le Maroni Lab a été créé début 2018 et va mettre en place ses premières activités dans le courant de l'année. Le projet présenté a pour objectif de faire vivre ce laboratoire d’expérimentations urbaines par l'animation d'une réflexion inclusive sur le développement urbain de Saint-Laurent du Maroni et de développer des actions innovantes à travers :- Les ressources : Un accès facilité aux données urbaines ; Un lieu de production et d’échange de données ; Un espace de capitalisation et de diffusion des expériences- Les échanges : Un lieu de réflexion ; Un lieu de partage d’expériences ; Un lieu ou des partenariats se créent ; Un lieu d’innovations- Les actions : Accompagner et mener des projets urbains ; Générer des expérimentations urbaines ; Accompagner les initiatives des usagers et habitantsLe Maroni Lab fonctionne autour de la mise en place d'ateliers d'échange sur des projets proposés et soutenus ou sous forme d’ateliers thématiques. Les projets proposés et présentés par des porteurs de projets permettent de favoriser les échanges à partir de sujets de réflexion concrets, directement liés à une volonté d'action. La forme participative ouverte à tous les membres intéressés favorise l'émergence de projets inclusifs et collaboratifs ou chaque membre peut contribuer de manière équitable (institution ou habitant). Ceci permet d'impulser des partenariats opérationnels pour aller plus loin que la simple mise en réseau et l'échange d'idées. Une fois les projets formalisés, les proteurs de projets sont soutenus pour les mettre en oeuvre. Il sont invités à documenter leur action et à mettre à disposition les informations produites dans l'espace de ressources pour qu'elles puissent servir à d'autres porteurs et alimentent les réflexions. Dans ce cycle de fonctionnement, les projets sont structurants du Maroni Lab et permettent de toucher à l'ensemble des objectifs visés, du partage de données à l'action en passant par la réflexion collective et l'échange. Le Maroni Lab se structure autour des valeurs d’équité, de diversité des points de vue, de collaboration, d’expression libre et d‘indépendance avec une charte des usages et projets. La richesse de l'action tient dans la diversité des acteurs locaux qui s’engagent dans l'association : institutions, professionnels, financeurs, société civile, habitants, usagers. Les ateliers de projet permettent de créer un échange qui a rarement lieu, entre acteurs qui ne se parlent habituellement pas ou peu. Le Maroni Lab donne la parole a chacun et crée l'émulation pour répondre aux problématiques urbaines. L'usager apporte la connaissance fine du contexte, par exemple, le bailleur de fonds peut apporter des financements, le professionnel un savoir faire, l'institution la connaissance des projets en cours et des règlements.Le Maroni Lab a aussi pour objectif de favoriser l’émergence de projets portés par des structures ou personnes qui n’auraient pas la capacité ou la reconnaissance suffisante de le faire sans soutien. Ceci permettra de faire émerger des idées issues directement des usagers de la ville et habitants des quartiers populaires. Le Maroni Lab peut ainsi se positionner comme une forme de garant entre porteurs et financeurs.Le Maroni Lab est aussi un espace qui peut accueillir des chercheurs ou étudiants, qui invite à la capitalisation sur les projets dans le but de favoriser l’innovation.Les projets qui pourraient être soutenus ont trait à l'urbain mais peuvent être de tout ordre : cartographie d'un quartier, aménagement d'une place, d'un jardin partagé, installation de mobilier urbain, application mobile de gestion du transport, voiture partagée ou pirogue, architecture bioclimatique, auto-construction, etc.Pour lancer le processus, les premières actions identifiées sont :- La mise en place d'une cartographie participative réalisée par les habitants et lycéens avec le soutien des professeurs et professionnels. Cela permettra d'identifier les atouts et les contraintes des quartiers, notamment dans les zones informelles et ainsi localiser avec les usagers de la ville, les sites ou thématiques de projets les plus porteurs pour le développement du territoire.- Lancer un appel à micro-projets pour stimuler les porteurs de projets et les amener à faire aboutir leur idées.- Des ateliers thématiques réguliers. L'un a déjà eu lieu sur l'auto-construction et les coopératives d'habitat. D'autres pourraient être organisés sur le transport, les énergies renouvelables, le numérique, par exemple.