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Les homicides, c’est la plaie !

MANGROVes ((Meurtres ANtilles Guyane, Recherche Opérationnelle des Vulnérabilités territorialeS)Un niveau élevé de violence homicide sur un territoire tend à créer un climat de peur généralisée qui détruit le capital humain, perturbe le développement économique et mine les liens sociaux ainsi que la confiance dans les autorités. La lutte contre le phénomène des homicides intentionnels est difficile et douloureuse. Ce phénomène peut apparaitre incontrôlable et fatal, malgré les programmes déployés contre ses causes les plus évidentes comme le trafic des armes, des stupéfiants et la criminalité organisée. Des efforts ont aussi été organisés en prévention au travers d'actions inédites visant la détention illégale d'armes. Sur le plan médical, les progrès de la médecine d'urgence dans la prise en charge de blessés contribuent à faire baisser le nombre des victimes de meurtres. Mais en Guadeloupe, à Saint Martin et en Guyane, les taux d'homicides intentionnels demeurent élevés.Parmi tous les moyens mis en œuvre, l’analyse des lieux et du contexte des lieux des homicides intentionnels comme facteurs de vulnérabilités est encore peu exploitée. Cette approche nouvelle des phénomènes criminels permet d’identifier sur un territoire, selon un processus scientifique, les facteurs aggravant un risque que l'on considère comme par hypothèse de base comme continu. Autrement dit, l'analyse met en évidence très concrètement les vulnérabilités qui peuvent notamment expliquer les concentrations de faits sur certaines parties restreintes d'un territoire. Identifier les vulnérabilités territoriales, c’est alors se permettre de se donner les moyens d’agir rationnellement sur ces facteurs, de les modifier, de transformer le contexte du lieu de l'homicide et donc d’agir sur un résultat attendu et prévisible. La fatalité de l'homicide n'existe pas.La modélisation des vulnérabilités territoriales est une approche géographique issue de la recherche universitaire expérimentée en Europe et en Amérique par des institutions policières et de la santé, mais aussi universitaires. Elle s’inscrit dans le cadre habituellement dénommé par prédictive policing, c’est à dire une action proactive destinée à prévenir un phénomène ou à l’anticiper. Le projet MANGROVes se propose d’appliquer cette modélisation des facteurs territoriaux contextuels de risques d’homicides en Guadeloupe, en Martinique, à Saint-Martin (zones française et néerlandaise) et en Guyane sur la base des données médico-légales du centre hospitalier universitaire de Pointe-à-Pitre (CHRU) et du centre hospitalier de Cayenne en Guyane (CHC), contextualisées par les données des enquêtes judiciaires. La période choisie s’étend de 2014 à 2018, soit 5 années, une durée qui permet de limiter les influences conjoncturelles sur les taux. Le projet poursuit deux objectifs complémentaires : 1 – Construire une base de données informatisée à partir des informations recensées par les instituts médico-légaux. La base sera exploitable par les acteurs locaux selon la norme internationale préconisée par l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC). La nouvelle classification statistique permettra d’améliorer la connaissance objective du phénomène. La standardisation permettra des comparaisons internationales, notamment avec les pays des mêmes régions du globe.2 - Produire des résultats opérationnels pouvant être utilisés par les autorités (santé, police, justice, représentants de l’Etat sur les territoires), la population et les acteurs économiques pour prévenir l’émergence et la pérennisation du phénomène et anticiper son éventuelle relocalisation.La première catégorie de public concerné regroupe les opérateurs incarnés par les légistes, les policiers et gendarmes, les magistrats et les représentants de l'Etat sur le territoire. Chacun dans sa fonction travaille sur les circonstances, les causes, les moyens, la victimologie, les mécanismes lésionnels, les suspects et mis en cause, afin d’élucider les affaires. Ils détiennent les données qui permettent d’analyser précisément le phénomène. Les résultats du projet sont susceptibles d'apporter de nouveaux outils aux opérateurs. Les résultats du projet leurs seront restitués.La seconde catégorie de public est constituée par la population, ses représentants et les opérateurs économiques. Cette catégorie éprouve les conséquences de la violence homicide. Le développement et la pérennisation de ce phénomène peuvent miner la confiance de la population envers les institutions (Crime and violence in Central America, World Bank, 2011) et entraver le développement économique (Robles, Calderon, Magaloni, 2015). Le pilotage du projet amènera à rencontrer les représentants de la population (élus, associations) et les forces économiques. Les résultats du projet leurs seront restitués.