Guadeloupe

Lizin tambou, les 100 tambours de Guadeloupe

Culture

Slogan

An nou fè Gwadloup soné !

Lizin Tanbou explore et met en synergie les voix des différents tambours constituant un pan du patrimoine immatériel de la Guadeloupe qu’elle contribue ainsi à faire connaître et à préserver tout en créant l’opportunité de le faire évoluer, condition de sa pérennisation comme expression vivante d’un territoire. Ce projet, qui favorise l’accès à la culture du plus grand nombre de nos concitoyens, agit sur le renforcement de l’éducation artistique, la qualification des pratiques amateurs, et offre une vitrine exceptionnelle à notre patrimoine, à ses créateurs, avec la formation d’un grand ensemble de percussions et la production d’une œuvre grand format qui mobilise une diversité d’acteurs et rassemble des milliers de spectateurs dans un moment festif de communion.L’édition 2018 de Lizin Tanbou propose de mettre un point d’orgue à dix ans d’expérimentations créatives sur le territoire et contribue à créer les conditions du rayonnement de notre patrimoine au-delà de nos frontières insulaires.DescriptionExtrait vidéo Lizin Tanbou 2010    https://www.youtube.com/watch?v=011iFQ-Buk4Lizin Tanbou est une manifestation dédiée à tous les tambours de Guadeloupe. Mais c’est aussi et avant tout une création musicale réunissant plus de cent percussionnistes, professionnels et amateurs confondus, renouvelée de façon originale au fil des différentes éditions.Le premier volet de Lizin Tanbou s’est tenu le 21 juin 2008 sur le site de l’ancienne usine à canne de Beauport à Port-Louis. Le temps d’une nuit, plus de 4000 personnes ont assisté à de multiples prestations mettant à l’honneur les différents tambours de l’île, et vibré en cœur lors de la présentation de la création pour 100 tambours retraçant l’histoire des travailleurs de la canne à travers les siècles, composée et dirigée par le percussionniste guadeloupéen Klod Kiavué. Ce spectacle constituait le rendu d’un vaste chantier d’ateliers greffés sur de multiples structures d’enseignement du tambour ka à travers le territoire, auquel avaient été associés les groupes de carnaval Anboutay et Akiyo.La seconde manifestation de Lizin Tanbou a eu lieu le 29 mai 2010 dans les jardins de l’Artchipel-Scène Nationale de Guadeloupe et reposait sur un nouveau maillage d’ateliers à l’échelle régionale et a remporté à nouveau un franc succès populaires . L’accent était mis cette fois sur l’expression du gwo siwo, emblème musical du carnaval de la région basse-terrienne avec les groupes Voukoum et Mas Vié Fo. La troisième édition de Lizin Tanbou s’est déroulé du 2 juillet au 13 août 2017 sur le parvis du Mémorial ACTe. Dans ce contexte de relâche estivale, il a fallu renouveler le mode opératoire sous forme de huit répétitions publiques ouvertes à tous, quelque soit le niveau de pratique instrumentale du tambour. Pour trouver la direction d’ensemble, il a fallu expérimenter les gestes et le langage afin de travailler avec des personnes débutantes pour la plupart, accompagnées de musiciens plus expérimentés. Sur ce site qui jadis abrita l’Usine Darboussier, le propos était de reproduire en rythme la pulsation de la plus grande unité cannière de la Guadeloupe. Klod Kiavué a choisi de privilégier les mouvements simples, les nuances, le son d’ensemble, la force du nombre, le travail sur l’interprétation et l’émotion, avec moins d’exigence concernant la technique instrumentale, pour un résultat remarquable à maints égards qui a su emporter, une nouvelle fois, l’enthousiasme des nombreux spectateurs.La prochaine édition de Lizin Tanbou mettra en exergue les relations entre les différentes communautés de la Guadeloupe et s’appliquera à faire dialoguer les expressions musicales qu’elles soient issues des pratiques culturelles et artistiques des afro-descendants, indiens, syro-libanais, blancs péyi ou métropolitains. A ce jour, peu de projets artistiques mélangent consciemment des éléments marqueurs de ces différentes cultures, aussi est-on en droit de s’interroger sur le dénominateur commun qui contribue à forger l’identité culturelle de la Guadeloupe.Le 21 juin 2018, Lizin Tanbou, pour répondre à l’invitation de la Communauté d’Agglomération Cap Excellence, se propose de mener encore plus loin son travail, initié dix ans plus tôt, d’exploration des différentes expressions traditionnelles pour aller vers des formes inédites nourries par la diversité des forces en présence.« Depuis les premières notes de Lizin Tanbou, il y a tout juste dix ans, le fil conducteur des œuvres musicales que nous proposons est notre analyse des différentes composantes de la société, une évocation de l’histoire de notre peuple du point de vue des migrations et du choc des rencontres liées à la culture de la canne.La Guadeloupe porte une forte tradition de tambours :  du carnaval aux soirées lewoz en passant par les balakadri et les cérémonies hindoues, tout est prétexte à faire sonner les tambours. Ces traditions, qui perpétuent une pratique artistique accessible à tous, jouent encore aujourd’hui un rôle de lien social qui contribue à la cohésion de notre société en profonde mutation : ouverture au monde, numérisation, urbanisation galopante, autant d’éléments qui modifient les rapports à la tradition née d’un monde rural fortement impacté. Nous nous proposons de travailler de manière originale à des formes nouvelles issues de ces traditions musicales populaires par un travail collectif qui décuple la créativité. » Klod Kiavué.