La Réunion

Fé lèv out voa

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Pou out' avnir, fé lèv out voa ! - Pour ton avenir, élève ta voix !

I.ContexteA.Les jeunes en difficulté d’insertion professionnelle : la question de l’estime de soiEn France, la situation des jeunes de moins de 25 ans sur le marché du travail est caractérisée bien sûr par le taux de chômage, mais aussi par la vulnérabilité à la conjecture économique. A La Réunion, la situation est d’autant plus marquée compte tenu du taux de jeunes de 15 à 24 ans dans la population (40 % contre 30% en moyenne nationale1). Ces nombreux jeunes connaissent des situations très variées : certains bénéficient d’un parcours éducatif et personnel leur apportant les atouts pour une vie professionnelle réussie, quand d’autres semblent cumuler les difficultés et n’avoir de réelle perspective. Les chiffres conséquents sont édifiants : le taux de chômage chez les jeunes à La Réunion s’élève à 52,4% (contre 24,8% en métropole) quand le taux de chômage global est lui de 24,6%.Ces plus de 60 000 jeunes Réunionnais sans emploi sont également parfois sans formation, sans projet professionnel et aussi, conséquence de cette situation économique dans des situations sociales ou personnelles complexes.De nombreux dispositifs des institutions et collectivités œuvrent auprès de ce public pour l’accompagner dans son orientation et sa formation (Mission Locale, Pôle emploi, le Département de La Réunion, La Région Réunion, etc.).En complément de ce travail d’accompagnement opérationnel à l’élaboration d’un parcours professionnel, il nous semble important d’évoquer la question de l’estime de soi. En effet, plusieurs chercheurs et acteurs de terrain ont relevé combien cette dimension importait dans le travail de construction de perspectives professionnelles.Ainsi Philippe Labbé dans ses travaux, indique que l’estime de soi est une des dimensions du travail social : travailler sur l’estime de soi, c’est « transférer du capital symbolique […] redonner confiance, restaurer, reconstituer le minimum d’assurance. » 2. De même, Marie de Besses souligne l’importance de l’estime de soi, en complémentarité des actions de formation – notamment dans les parcours professionnalisants – pour permettre aux jeunes de poursuivre des objectifs professionnels motivants. Et cela va de soi : afin de poursuivre un objectif avec ténacité, il est primordial de se juger apte à l’atteindre.1 Données 2015 issues du rapport La situation des jeunes en grande difficulté d’insertion sociale et professionnelle à La Réunion, Denise Hong Hoc Cheong, chargée de mission auprès du Préfet de La Réunion présenté au CRAJEP le 27 février 2017.2 Retranscription de la contribution pour l’entreprise d’insertion ENVIE à Rennes, 2011.3 Cf. L’estime de soi, enjeu éducatif pour préparer à la vie professionnelle, article publié dans Formation Emploi, revue française des sciences sociales.B.Spécificités du contexte Politique de la VilleLes réalités difficiles décrites ci-dessus sont d’autant plus vraies dans les Quartiers Politique de la Ville (regroupant environ 66 000 jeunes à La Réunion). Si les quartiers sont retenus comme prioritaires sur des critères économiques et de densité, on y retrouve prégnants :- le décrochage et / ou la vulnérabilité scolaire- la question du chômage chez les jeunes,- les difficultés d’accès aux soins,- ou encore le taux de familles monoparentales (situation souvent rencontrée chez les personnes jeunes).Aussi ces quartiers présentent-ils une concentration importante du public décrit ci-dessus.Forts de ces constats et après avoir exploré l’ensemble des communes de La Réunion, notre choix s’est porté sur Le Port. Nous avons jugé qu’il était intéressant de travailler sur plusieurs quartiers de cette commune pour travailler à la fois sur l’identité de chaque quartier puis sur une identité commune au travers des différentes étapes du projet envisagé. Par ailleurs, certains membres de notre équipe y ont déjà travaillé, notamment auprès de publics en insertion.Nous envisageons donc de mener un projet visant à la revalorisation de l’estime de soi avec trois groupes issus de quartiers différents du Port de 15 jeunes environ de 18 à 25 ans.II.L’approche de l’Association LilomotsA.Le jeu et la créativité comme outil du développement de chacunL’association Lilomots a été créée en 2012 par trois passionnées d’écriture. Convaincues que chacun pouvait s’exprimer par l’écrit comme on le fait par la parole, elles souhaitaient développer la pratique de l’écriture créative à La Réunion. Cette discipline est fondée sur le jeu et la créativité, grâce à des approches ludiques, ouvertes et bienveillantes, elle met en place un environnement bienveillant et sans jugement où chacun peut écrire, sans tenir compte des fautes, des acquis ou des connaissances.Les projets de l’Association se sont enchainés et avec eux, l’expérience des animateurs et des bénévoles a grandi, constatant que cela pouvait avoir des impacts insoupçonnés au départ. Nombre de participants se sont découvert une passion pour l’écriture, ont renoué avec des activités abandonnées précédemment suite à des « échecs ». Entre les participants se nouaient également des relations de grande qualité, hors du conformisme qui parfois régit nos liens avec les autres. Un projet au long cours mené auprès des habitants de Salazie et ayant donné lieu à l’édition d’un livre a montré que toute personne d’un groupe, d’un village a sa parole à joindre à la voix commune. Aux ateliers d’écriture se sont mêlées d’autres disciplines : théâtre, arts plastiques, arts créatifs, montrant là encore que chaque individu a des ressources qu’il ignore.Et en 2016, un projet particulièrement réussi auprès d’un groupe en Atelier Chantier d’Insertion a fini de convaincre nos dirigeants : les méthodes de l’Association et ses valeurs peuvent agir sur l’estime de soi !B.Le parcours conçu autour de l’expression écrite et oraleObjectifs :·Améliorer son estime de soi : connaître et valoriser ses compétences et savoir-être, se sentir apte à atteindre des objectifs même exigeants·Acquérir de nouvelles compétences, découvrir de nombreuses tâches·Apprendre à travailler en groupe, découvrir son propre mode de fonctionnement au sein d’un groupeInspirations :-Bande-Annonce Eloquencia : cliquez ici.-Que vous apporte le théâtre ? Témoignages d'élèves ¾ - Cours Acte 2 : cliquez ici.-Exemples d’ateliers d’écriture et de slam avec un public 16-25 ans – Festival Moi les Mots : cliquez ici.1.Repérage et mobilisation d’un groupe de jeunesPériode prévue : 1 mois avant le démarrage du projet dans un quartierAfin de lancer le projet il est impératif que le groupe soit mobilisé. A cette fin, Mélissa Cadarsi, la coordinatrice de projet se rapprochera des acteurs locaux (Mission Locale, Centre Social, Pôle emploi, Conseils Citoyens, associations, etc.) pour repérer les jeunes qui pourraient être intéressés et les convaincre de se joindre à l’aventure. Il est à noter que le projet implique une maîtrise certaine des savoirs de base mais que les contenus pourront être adaptés – possibilité de saisir des textes, de les enregistrer au dictaphone, etc. - l’important est d’arriver à une réalisation personnelle.2.Faire connaissance avec le groupe et avec soi : théâtre et improPériode prévue : première semaineDurée des ateliers : 3 ateliers de 6 heures par groupe de 15 jeunes, soit 3 6 = 18 heuresOutil à la fois ludique et pédagogique, le théâtre permet à chacun, sous forme de jeux, d’apprendre à apprivoiser ses propres appréhensions, de se familiariser avec ses propres émotions. Occuper l’espace, déployer son corps, porter la voix, improviser et prendre des initiatives, se concentrer et être à l'écoute, prendre la parole en public et se confronter au regard de l'autre, tout en panel d’exercices offrant aux initiés la possibilité de prendre de l’assurance, de se connaître davantage.3.Réaliser une œuvre commune : le filmPériode prévue : entre la deuxième et la quatrième semaineDurée des ateliers : Vidéo - 2 ateliers de 5 heures par sous-groupe (de 5 jeunes), soit 253 = 30 heures Ecriture de scénario - 4 ateliers de 2 heures par groupe, soit 42=8 heuresLes jeunes travailleront à réaliser un film mêlant scène de fiction et reportage :Le volet reportage a pour objectifs de familiariser les bénéficiaires au matériel de tournage, mais aussi dans la dimension interview, de développer leurs capacités d'écoute, de prise de parole et de communication avec les différents interlocuteurs qu'ils seront amenés à rencontrer. En tant que techniciens, ils découvriront le langage du cinéma, les différents métiers qui permettent de constituer une équipe de tournage, les valeurs de plans etc.L'atelier fiction quant à lui permettra aux jeunes de mettre en action les compétences acquises dans les autres ateliers d'expression comme le théâtre, le slam etc. en réalisant un court-métrage dans lequel ils seront tour à tour techniciens et acteurs. En tant qu'acteurs ils développeront leur capacité à jouer un rôle et à exprimer leurs émotions. Le but de cet atelier est à la fois de permettre aux jeunes de s'extérioriser et d'utiliser la vidéo réalisée comme un outil leur servant à visualiser leur prestation et à en discuter avec les différents intervenants avant la phase finale de présentation des vidéos lors de la soirée finale.Un temps sera également consacré au montage vidéo du film (sous réserve de l’achat de matériel) pour développer d’autres savoirs.Enfin, des ateliers d’écriture viendront ponctuer ce travail autour e la vidéo : écriture des interviews, séquençage du film, écriture des scénettes de fiction, etc.4.Réaliser une œuvre personnelle : le discours / le slamPériode prévue : cinquième semaineDurée des ateliers : Ecriture - 3 ateliers de 2 heures soit 23 = 6 heures Prise de parole - 2 ateliers de 6 heures par groupe, soit 26= 12 heures Coaching - 3 séances de coaching de 1 heure 30, soit 3*1,5= 4,5 heuresDans la continuité des travaux menés, le jeune sera accompagné par Mélissa pour l’écriture et par une coach pour finaliser le travail sur l’estime de soi. L’objectif est d’écrire un texte personnel de la forme qui lui plaira pour exprimer son ressenti sur son parcours pendant le projet ou plus largement. A partir de ce texte les jeunes auront un atelier de diction / éloquence / lecture à voix haute pour se préparer au concours. Un coaching personnalisé pourra être proposé aux participants qui le souhaitent.5.Se distinguer dans le groupe et parmi les différents quartiersPériode prévue : au terme de la sixième semaineAu terme du projet dans chaque quartier, une demi-finale sera organisée afin de déterminer le représentant de chaque quartier pour la finale.Lors d’une soirée commune :-les films réalisés seront présentés,-et un concours récompensera le meilleur parmi les finalistes de chaque quartier en matière de discours / diction / éloquencePour constituer le jury de cette soirée pourront être conviés :-des jeunes issus des quartiers ayant eu un parcours hors norme (exemplaire ou atypique)-des représentants du monde de l’entreprise-des représentants du monde associatifPour l’organisation de cette soirée, nous pensons associer les jeunes à l’organisation logistique (trouver un lieu, négocier la mise à disposition, travailler le déroulé, etc.) et la communication (créer une affiche, diffuser l’information, convoquer la presse, etc.) afin qu’ils se saisissent de l’événement. Il leur sera proposé de réaliser une recherche de financement et les tickets seront mis en vente à très bas prix, afin de donner une notion de la valeur économique de leur travail.Durée totale du projet dans chaque quartier : étalé sur 6 semaines. Dans l’idéal, les projets seront menés en parallèle sur les 3 quartiers pour que le concours intervienne en fin de parcours.III.L’équipe projet : le choix d’experts - animateurs, partenaires et acteurs ressources -L’Association Lilomots a pu lors de ces précédents projets travailler avec plusieurs animateurs avec chacun leur spécialité. Pour ce projet, le choix initial se porte sur :A.Coordination, communication et animation des ateliers d’écritureMélissa CadarsiDiplômée de l’EDHEC Business School et riche d’une expérience professionnelle dans de nombreux domaines, notamment au sein de la CRESS dans la promotion de l’économie sociale et solidaire, Mélissa a fait le choix de mettre son énergie au service d’une cause qui lui tient à cœur : promouvoir l’écriture et la lecture comme vecteur du développement durable et harmonieux. En charge de la coordination de l’Association Lilomots, elle assure le développement de ses actions et de sa politique partenariale. Elle assure aussi sa communication, en lien avec les médias traditionnels et sur différents réseaux sociaux (Facebook, Pinterest).Passionnée d’écriture et de lecture, Mélissa anime des ateliers d’écriture bi-hebdomadaires pour adultes depuis 2013 et régulièrement pour enfants. Curieuse de tous les nouveaux outils offerts par la pédagogie active, la gamification et les nouvelles technologies, Mélissa est toujours à l’affût de nouveaux jeux pouvant amener tous les publics à découvrir les plaisirs de la lecture et de l’écriture.Par ailleurs, Mélissa intervient pour l’association Junior Business sur le parcours scolaire de découverte de l’entrepreneuriat dans le champ de l’Economie Sociale et Solidaire.C.Animation des autres ateliersAurélie AdamComédienne, auteure, metteuse en scène et scénariste, Aurélie ADAM dirige, depuis plus de 10 ans, la Compagnie Saint-Pauloise Attitudes composée, d’une cinquantaine de comédiens de tous âges. Ses ateliers, ludiques, ont pour objectifs principalement de travailler l’expression, de développer la créativité, l’estime de soi et la confiance en soi.  Son expérience, son enthousiasme et sa ténacité lui ont donné l’opportunité de participer à l’écriture et la mise en scène du spectacle de la Cérémonie d’Ouverture des Jeux des Îles qui s’est déroulé le 1er août 2015 au stade Olympique Paul Julius Bénard de Saint-Paul.Aurélie anime régulièrement des formations pour adultes et notamment pour le CNFPT et s’associe à des actions de sensibilisation diverses comme la lutte contre le décrochage scolaire, l’illettrisme, les violences conjugales, les addictions… Enfin, depuis quelques années, elle intervient sur des actions et projets mis en place par Village Titan au Port et l’Académie des Dalons à la Plaine des Cafres.Romain MarchandMonteur vidéo de formation, Romain Marchand a durant plus de dix ans contribué au montage de sujets d'actualité pour les journaux télévisés de France Télévisions. Parallèlement à cette activité, il a très tôt développé un goût pour le travail d'équipe et la transmission des connaissances qu'il a expérimenté à travers la mise en place de "classe cinéma" auprès du jeune public via l'association "Les têtes de l'art" en Métropole.Arrivé à La Réunion en 2013, il a continué son travail d'élaboration de stages vidéo mais en l'élargissant à un public plus diversifié comme les adolescents en difficultés scolaires ou en situation de décrochage, auprès de diverses associations, comme Zargano. Il intervient également auprès d'adultes en détention. Le but est toujours le même : amener le public de l'atelier à découvrir les métiers du cinéma et à développer sa capacité à s'exprimer à travers le médium audiovisuel tout en réalisant une œuvre collective.D.Intervenants ponctuelsEn complément de l’équipe projet qui prendra en charge le groupe sur toute la durée du projet, certains experts pourront être sollicités sur des points techniques : création du story-board avec un intervenant BD, écriture du scénario avec un scénariste professionnel et coach si cela s’avère nécessaire pour certains jeunes.E.Le comité pédagogiqueAfin d’optimiser l’impact de ses actions, l’Association a souhaité mettre en place un comité consultatif auquel sont présentées les actions menées. Il a pour objectifs de confronter les outils construits par l’équipe aux réalités de terrain et a des connaissances pédagogiques diverses et pointues. A ce titre, il se réunit environ une fois par trimestre pour réviser le déroulé et les outils des projets en cours.Ont été contactés pour participer au comité :-M Eric Chan, délégué départemental de l’Office Central de Coopération à l’Ecole (OCCE) à La Réunion, professeur des écoles-M Jean-Paul Xavier, ancien directeur d’école, ancien président de l’OCCE de La Réunion, expert de la pédagogie coopérative-M Mickael Abelard, directeur du CRIJ-Mme Cendrine Molina, formatrice et consultante en pédagogie active-M Serge Fabresson, président du CRAJEP