La Réunion

DETAK BARO un projet autour de la mémoire de l'esclavage et la promotion du patrimoine culturel vivant pour les nouvelles générations

Culture

Slogan

DETAK BARO. "Pou réfléshi é gard lèspwar pou in domin otreman" Ouvrir les portes de l'espoir dans la connaissance, le respect de la différence pour un demain autrement

Le 20 décembre est la date anniversaire de l'abolition de l'esclavage. Il marque , dans les principes et juridiquement, un changement pour la Réunion puisqu'il s'agit d'abolir l'esclavage. Cette date clé revêt une double signification. D'abord, la loi met fin à l'esclavage, reconnu depuis 2001 comme crime contre l'humanité. Elle met fin à près de 200 ans d'exploitation de l'homme par l'homme. L'esclavage c'est l'histoire profonde de toute la Réunion car il a déterminé les rapports entre les hommes et les femmes sur le territoire, le rapport entre les hommes/femmes et les religions. Il a façonné les mentalités et l'ensemble des soubassements de notre culture.Nous nous devons de célébrer cette date anniversaire en ayant une pensée pour nos ancêtres qui ont été déportés, ils ont été entassés dans la cale des navires négriers. 20 décembre c'est un moment solennel où nous exprimons notre devoir de mémoire pour tous ceux qui ont été sacrifiés sur l'idéologie raciste. Ensuite, le 20 décembre c'est l'occasion de se poser des questions sur cette abolition. L'esclavage n'est plus mais est ce pour autant que nous ayons la liberté ? La Réunion avec des réunionnais "dobout", fiers, conquérants à même d'être créatifs pour produire du sens à son évolution, pour produire des solutions nouvelles et concrètes pour être acteur de son développement. La Réunion avec des réunionnais unis à l'occasion de cette commémoration qui est celle de tous. Ankraké depuis le début de sa création a mis en priorité la commémoration de l'abolition de l'esclavage. En 1996 nous avons mené une réflexion sur ce thème, une action avait été inscrite dans notre programmation, la réalisation d'un monument à la mémoire de nos ancêtres. En 1998 dans le cadre du 150ème anniversaire de l'abolition de l'esclavage nous avons réalisé une stèle monumentale dédiée à la mémoire de nos ancêtres : les déportés qui n'ont jamais atteints la Réunion, les esclaves, et les engagés. Le monument est implanté sur l'Esplanade de la Liberté à Terre-Sainte. La réalisation de la stèle a été conduite par 13 jeunes sous la responsabilité d'un plasticien. La finition a été assurée par les bénévoles de l'association, les habitants du "bord de mer" . Le monument fait 4m50 de hauteur, 4 barques portent un pilon géant, symbole de l'écrasement mais aussi de notre diversité dans l'unité.Cette production était accompagnée d'un livret bilingue intitulé "Mémwar èk lidantité" in somin po la liberté". Cet ouvrage est le résultat, d'une part, d'une enquête menée par les mêmes 13 jeunes sur les quartiers de Terre-Sainte et Grand-Bois et d'autre part, d'un travail de sensibilisation à l'écriture créole. Les entretiens visaient à avoir le regard des habitants et plus particulièrement les "gramoun" sur le passé, celui de l'esclavage, avant les transformations urbaines.Depuis nous avons initié plusieurs voyages culturels pour des jeunes, toujours en lien avec notre histoire, 2007 à L'ILHA Mozambique, 2014 à Nantes pour le 10 mai, en 2016 à Madagascar. Les jeunes sont revenus des voyages plus forts, plus éclairés, avec une envie d'aller l'avant. Ces voyages ont été préparé la conection avec la Réunion a été faite. Plus de 20 ans après où nous avons conduit plusieurs actions avec succès pour la plupart en direction de la jeunesse, il convient de poursuivre nos actions pour faire face aux nouveaux défis qui s'annoncent. Rien ne nous permet de croire que les Réunionnais ont compris que toute société se construit, se développe à partir de ce qu'elle a été, de ce qu'elle est et prétend devenir. Nous disons que nous devons réussir en étant nous même dans un principe d'ouverture.Aujourd'hui nous voulons continuer à assumer notre devoir de mémoire vis à vis de nos ancêtres. Nous voulons contribuer à sensibiliser sur la nécessité d'un 20 décembre tourné vers l'avenir en produisant un outil pédagogique et d'information ,un AGENDA CULTUREL sur le thème de l'esclavage et le patrimoine culturel vivant. Nous voulons consacrer notre intervention auprès de la jeunesse, nous dirons jamais assez, la jeunesse c'est l'avenir. C'est la première force de la Réunion, nous nous devons d'agir pour lui offrir des possibilités de choix, des perspectives à partir d'un ancrage authentique. Nous voulons mener notre action dans l'interactivité avec les jeunes par la production.Concevoir et Produire un agenda culturel créole/français articulé sur le thème de l'esclavage et du patrimoine culturel vivant. Il s'agit ici de parler de l'esclavage comme un itinéraire de souffrance depuis sa déportation jusqu'à l'engagisme. Faire comprendre que malgré des origines différentes le peuplement de la Réunion est le fait d'un même mépris pour tous. Mais il s'agit également de mettre en évidence toutes les initiatives passées et les potentialités d'aujourd'hui susceptible de développer la Réunion dans l'unité. La réalisation de cet agenda pourrait être placée sous la validation de l'UNESCO en tant que projet entrant dans la mission "La Route de l'esclave" . En effet en 1994 l'UNESCO a pris cette initiative au Bénin "La route de l'esclave" avec 3 objectifs : -Contribuer à une meilleure compréhension de ses causes et de ses modalités d'opération ainsi que des enjeux et des conséquences de l'esclavage -Mettre en lumière les transformations globales et les interactions culturelles issues de cette histoire-Contribuer à une culture de la paix en favorisant la réflexion sur le pluralisme culturel, le dialogue interculturel et la construction des nouvelles identités et citoyennetés.En 2009 La Réunion a vu le Maloya, la musique des esclaves reconnue comme patrimoine de l'humanité. La réalisation de l'agenda se fera en 2 étapes :1- La COLLECTE d'informations relatives à l'histoire de l'esclavage à la Réunion et la COLLECTE du patrimoine culturel vivant, qui a pour objet de connaître, de reconnaître, de valoriser et de transmettre . Cette collecte s'attache principalement à rendre compte des pratiques sociales, telles que la vie familiale, les manifestations festives, les rites et croyances, la vie quotidienne, la vie sociale, les pratiques de santé, les modes de paraître, les lieux...Le patrimoine culturel immatériel est le miroir de la profondeur de la société réunionnaise. Notre territoire n'est pas riche d'un patrimoine culturel constitué de grand vestiges, d'importantes friches industrielles, si on excepte celles attachées à l'industrie sucrière, ni de grands édifices. C'est véritablement la dimension humaine dans sa dynamique culturelle faite à la fois de particularité (influence des aires de civilisations d'où sont issus les différents réunionnais), de passerelle voire de synthèse (ce que chaque jour la Réunion produit en propre), et la dimension environnementale qui caractérisent le patrimoine culturel réunionnais. Nous nous inscrivons dans la conception du Patrimoine Culturel Immatériel défini par l'UNESCO dans le cadre de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel."On entend ainsi par patrimoine culturel immatériel " : les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire, ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés et que les communautés, les groupes, et le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel.Ce patrimoine culturel immatériel se manifeste, notamment dans les domaines suivants :'les traditions et expressions orales, y compris la langue comme vecteur du patrimoine culturel immatériel,les arts du spectacle,les pratiques sociales, rituels et évènements festifs,les connaissances et pratiques concernant la nature et l'univers,les savoir-faire liés à l'artisanat traditionnel,Les principaux acteurs de la collecte que nous avons identifiés ; 4 types d'acteurs :-1-les historiens, universitaires, enseignants, les associations de devoir de mémoire-2-les Personnes ressources sont ceux qui détiennent un ou plusieurs savoirs, savoir-faire et objets qui s'y rapportent de nature à constituer le patrimoine culturel immatériel réunionnais. Sont des personnes ayant au moins 15 ans, femme, homme. La rencontre est choisie ou pas, nous restons ouverts aux opportunités. Nous travaillerons dans le respect et la confiance. L'autre n'est pas un citron que l'on va presser, ni un "naïf" à qui on va gober ce que nous voulons. L'Autre est un acteur, une ressource riche, un détenteur à la fois de parole constructive et de savoirs populaires qui "habitent son esprit et son cœur". Il est donc indispensable de respecter la proriété intellectuelle, l'image,la parole et l'objet donné.-3-les Personnes relais sont les personnes qui sont en mesure , de façon concrète et personnelle de proposer une ou plusieurs personnes ressources et de mettre en relation les collecteurs avec ces personnes .-4- les Collecteurs sont ceux qui vont effectuer la collecte auprès des personnes ressources qui lui sont indiquées avec ou sans l'intermédiaire d'une personne relais, ils vont collecter également auprès des universitaires, historiens.... Sont des jeunes hommes ou femmes, étudiants ou jeunes en recherche d'insertion sociale, professionnelle. Il s'agit bien de favoriser la mise en mouvement des rencontrés. La qualité de l'appropriation dépendra pour beaucoup de notre capacité à associer dès le départ les différents acteurs par l'information et la formation. Nous voulons par le biais de notre réseau de bénévoles avec des compétences en la matière formé les jeunes à la collecte. Ce programme de formation comprendra à la fois un contenu relatif à la collecte, aux bases de l'ethnologie, à la communication interpersonnelle et à l'informatique. Nous choisirons des personnes volontaires, disponibles, ayant une connaissance de l'histoire et la culture réunionnaise, avec un niveau scolaire ou pas.Les lieux de collecte seront sur tout le département, nous diviserons en 5 grandes zones (SUD,OUEST,NORD,EST,CIRQUES) nous aurons 5 à 8 collecteurs par zone.Les jeunes volontaires pour la collecte ne seront pas rémunérés, ils auront un défraiements pour les frais liés à l'action (transport, repas, téléphone..)Nous débuterons l'action le 23 Aout 2018 Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition (c'est dans la nuit du 22/23 aout qu'a commencé l'insurrection à Saint-Domingue) il y aura une première présentation de l'ouvrage le 2/12/2019 Journée internationale pour l'abolition de l'esclavage et nous clôturerons la promotion de l'ouvrage le 20/12/2019. 2- LA REALISATION de l'AgendaNous associerons les plus jeunes à sa réalisation, à travers d'atelier culturel, les jeunes pourront enrichir l'agenda par leur production, poésies (fonnker),dessins, peinture, photos, calligraphie. Nous solliciterons les jeunes qui sont dans des classes bilingues, ou classe avec option créole, et les jeunes mineures incarcérés à la prison de Saint-Denis. A travers ce public nous voulons toucher leur potentiel au lieu de leur manque, Nous voulons donner à ces jeunes une chance d'être utile dans la société en les faisant participer à un tel projet nous voulons les sortir de la marginalisation.Un comité de rédaction et de lecture sera mis en place. Ce comité validera ensemble la maquette. Le comité sera composé d'universitaires, d'éducateurs, d'enseignants, membres d'associations, artistes et bien entendu des jeunes.Nous souhaitons la production de 500 à 1000 exemplaires en fonction du budget. L'agenda aura 365 pages en noir et blanc.Nous voulons offrir au public, au monde éducatif, aux jeunes un outil utile et de bonne qualité (moderne et authentique) avec une source d'information sur la Réunion autour des thèmes indiqués ci-dessus. Nous voulons associer plusieurs partenaires, : Le Rectorat, l'Université, l'ILOI, Les Missions Locales, le service pénitencier, les collectivités, les archives départementales, les musées de la Région et Département, les associations.