Lauréat du concours

La Réunion

CAPELINE Centre d'Accompagnement Pédagogique En Ligne et d'INnovation Educative

Numérique

Slogan

CAPELINE une plate-forme pédagogique interactive et intégrative

PENSER GLOBAL, AGIR LOCALCAPELINE  : une plateforme pédagogique intégrant davantage les élèves et les parents d’élèves de  la Réunion dans les apprentissages, adaptable à chaque outre-mer, voire à l’échelle nationale…CAPELINE signifie Centre d’Accompagnement Pédagogique En Ligne et d’INnovation Educative. L’acronyme " créole " peut aussi se comprendre en anglais : CAPE (on) LINE, cap en ligne… L’APHG-OI désigne l’Association des professeurs d’histoire et de géographie de l’océan Indien. Notre association développe - depuis 10 ans - un projet répondant au cahier des charges fixé par le gouvernement, aux organisateurs des Assises des outre-mer. Il s’agit de faire émerger des projets : concrets,au bénéfice du plus grand nombre, en particulier des jeunes générations,relativement rapides à mettre en oeuvre,transposables aux autres outre-mer, à un coût modéré,susceptibles de développements à d’autres échelles,susceptibles aussi de contribuer au rayonnement des DROM et de la France dans l’océan Indien et ailleurs dans le monde, où la francophonie doit être consolidée.  L’APHG-OI travaille à son projet depuis les années 2000. Elle dispose d’un retour d’expérience et d’un prototype fonctionnel, à son échelle de prototype. Les Assises des outre-mer (AOM) arrivent au meilleur moment pour nous aider à effectuer le saut qualitatif indispensable au développement de cet outil. CAPELINE a en effet été conçu comme un outil. Il ne s’agit ni d’un remède universel, ni d’une utopie de geeks destinée à rendre l’enseignement totalement virtuel. Bien au contraire ! L’APHG-OI est, par essence, attachée à l’amélioration des conditions de vie et de travail en classe. Elle fait l’analyse qu’une plate-forme peut offrir à chaque utilisateur la tranquillité d’esprit de disposer, avant, pendant ou après le cours, de ressources qui l’aideront à progresser, à son rythme : méthodes, exercices en ligne, tableaux de bord, parcours individualisés… La ressource doit être calibrée pour ne pas devenir elle-même chronophage. L’outil doit améliorer la réussite des élèves et de leurs parents, et recréer de la motivation. L’enseignant-e retrouvera alors plus de plaisir à transmettre une culture générale, des compétences, un esprit critique et civique propres à ses disciplines. En fait, un bon usage de l’outil informatique peut et doit améliorer le vivre-ensemble !ETAT DES LIEUX A la Réunion, les ressources existent pour faire entrer notre territoire dans le XXIème siècle : ressources humaines, culturelles, intellectuelles, scientifiques, technologiques… La massification du système éducatif a créé une véritable dynamique, mais aussi des difficultés et des inégalités d’accès à l’économie de la connaissance. Les nombreux acteurs de la chaîne pédagogique avancent à des rythmes différents et en ordre dispersé. Chacun met beaucoup d’énergie à produire des informations qui n’atteignent pas toujours leur public. Les retards d’alphabétisation et l’illettrisme pèsent toujours sur le développement de l’île. L’insertion professionnelle des jeunes reste difficile, du fait de la distance persistante, dans le système éducatif français, entre l’Ecole et le monde de l’entreprise, et du fait de l’environnement économique propre à la Réunion.  Le secteur public joue un rôle structurant, en particulier dans la diffusion de l’innovation. Mais la culture du cloisonnement, entre les administrations et au sein de chaque administration, congestionne aussi cette même diffusion de l’innovation. Cela produit des rigidités verticales, hiérarchiques, à tous les échelons, dans la circulation de l’information, la prise de décision et dans le transfert des compétences. L’Education nationale est le premier employeur de l’île. Les efforts de rigueur budgétaire y imposent des arbitrages drastiques, parfois brutaux et contre-productifs, parmi des milliers d’initiatives qui n’ont ni le temps de vivre, ni d’être améliorées pour atteindre la communauté scolaire, en recherche de ressources actualisées, nouvelles et efficaces.  Les enseignants, élèves, parents d’élèves, universitaires, associations et  collectivités produisent, tous, des ressources pour tenter de résoudre leurs difficultés propres. L’APHG-OI vit à leur contact quotidien. En lien avec l’APHG nationale (Paris), elle occupe une position modeste, mais privilégiée, qui lui donne une vision panoramique des initiatives et des besoins des uns et des autres, du primaire jusqu’à l’enseignement supérieur. Elle a ainsi contribué, depuis les années 1990 et 2000, à l’adaptation des programmes nationaux outre-mer. L’APHG-Réunion est devenue APHG-OI (océan Indien) en 2016. Ses membres disposent de contacts dans de nombreux pays de la région. Ils voudraient les pérenniser, si possible, les institutionnaliser et ainsi, contribuer au développement des échanges indiaocéaniques pour les générations futures.  Notre association dresse un état des lieux contrasté de la modernisation de notre système éducatif. Les ressources abondent à la Réunion, voire surabondent en ligne. Or, les difficultés des enseignants à exercer leur métier, celles des élèves à apprendre et des parents à accompagner les apprentissages s’accroissent. La révolution de l’internet a créé un immense écosystème virtuel dans lequel la société se disperse. Il en va de même pour la communauté scolaire. Comment valoriser les ressources HGEMC nationales, régionales et locales ? Comment améliorer leur attractivité et leur accessibilité aux divers publics de l’académie ? Comment lutter contre la fracture numérique ? Par ailleurs, l’APHG-OI relève un paradoxe : les jeunes Réunionnais restent très ignorants de leur environnement régional. Car celui-ci reste difficile à enseigner, alors que, depuis les lois de décentralisation de 1982, tous les gouvernements successifs appellent les outre-mer à valoriser leurs ressources. Les instances académiques contribuent à une certaine ouverture. Mais elles se heurtent à leurs propres limites de culture et de structure. Le système éducatif s’appuie sur l’ensemble des aides à sa disposition. Mais il doit aussi rechercher des solutions locales et régionales pour enrichir son offre pédagogique et répondre à ses problématiques spécifiques.  Puisque des solutions et des initiatives existent, il s’agit de les mutualiser, de les valoriser et d’en rationaliser l’accès et la diffusion. Il semble aujourd’hui difficile qu’une telle entreprise relève de la seule compétence publique. Il faut imaginer de nouvelles formes de partenariats. Une économie régionale de la connaissance doit se créer, dans laquelle les élèves et les parents d’élèves, entourés de professionnels, contribueront, ensemble, à faire évoluer notre système éducatif vers une Ecole plus interactive et plus intégrative. Fin 2017, l’APHG-OI a participé aux ateliers des AOM à la Réunion. Elle y a noué des contacts et envisage des partenariats enthousiasmants avec d’autres porteurs de projets. En consultant les propositions faites en ligne, sur le site des AOM, elle a aussi repéré d’autres possibilités de synergies, pour valoriser des initiatives locales, en lien avec la culture, la formation professionnelle, le développement durable, la formation aux médias, projet de webTV éducative… Le concept de plate-forme permet de rapprocher, à moindre coût, une multitude d’acteurs souvent isolés, peu visibles, capables d’accumuler rapidement des connaissances et des compétences technologiques, mais tout aussi vite dépassés par la complexification croissante des outils informatiques. CAPELINE peut offrir un cadre d’accueil et de travail, ainsi qu’une visibilité aux micro-projets et aux initiatives ponctuelles.PROPOSITION La plateforme CAPELINE propose de rapprocher tous les acteurs de la chaîne éducative et de mutualiser leurs ressources, tout en conservant à chacun son identité. Elle veut préparer l’Ecole de demain, développer une ingénierie qui facilite certaines tâches : autoévaluations, révisions méthodologiques, accès à une information calibrée… Ce nouvel outil doit améliorer les conditions de vie et de travail en classe, simplifier, voire éliminer certaines corvées scolaires, et cultiver les aspects ludiques des apprentissages. Pour autant, l’esprit n’est ni celui de l’abandon de l’effort, ni du renoncement intellectuel. L’enseignement de l’histoire et la géographie occupe une place indispensable pour donner aux jeunes générations les clés de lecture d’un monde de plus en plus complexe. C’est cette complexité croissante qui lui impose de renouveler ses méthodes et de construire ses propres outils. CAPELINE s’inscrit dans les réformes du système éducatif français et, plus largement, dans les mutations de l’économie de la connaissance. Négliger de développer un tel investissement à la Réunion reviendrait à accumuler un retard ; l’académie s’exposerait à entrer dans la dépendance d’opérateurs numériques extérieurs privés. Or, l’économie de la connaissance est annoncée comme la matrice des révolutions économiques du XXIème siècle. L’île Maurice s’y prépare activement en nouant des partenariats avec des universités et des grandes écoles françaises, européennes et mondiales. Elle ambitionne de devenir le pôle intellectuel et scientifique régional. Les enjeux sont donc considérables.DEVELOPPEMENT : un outil accessible à toute la population réunionnaise CAPELINE ne peut pas constituer un simple espace collaboratif en ligne. En participant aux AOM, nous avons réalisé qu’il n’existait, semble-t-il, aucun concept équivalent en France métropolitaine, et peut-être dans le monde. Il existe des sites professionnels, par matière, corporatistes, réservés aux enseignants, celui de l’Education nationale par exemple : Eduscol. Les sites destinés aux élèves sont souvent payants. Les blogs d’enseignants se multiplient. Les MOOC se développent dans le supérieur. Cette explosion des ressources devient chronophage et, parfois, contre-productive.  CAPELINE doit s’appuyer sur la création d’un pôle d’ingénierie pédagogique. L’APHG-OI imagine un partenariat avec les principaux acteurs de la communauté éducative réunionnaise : une gouvernance stratégique tripartite associant le Rectorat, l’Université et le réseau APHG-OI appuyé à celui de l’APHG nationale. Le Conseil Régional et le Conseil Départemental, éventuellement les 24 communes de l’île, pourraient apporter un soutien logistique en contre-partie de la valorisation de leurs propres ressources pédagogiques, patrimoniales, culturelles… La plate-forme mettra en ligne des documents et des exercices automatisés en histoire, en géographie (cartothèques) et en enseignement moral et civique, le champ de compétences de l’APHG-OI. Le pôle d’ingénierie pédagogique constituera un laboratoire de l’Ecole numérique de ce début de XXIème siècle. Quatre profils de postes ont été identifiés : développeur informatique, webmestre, infographiste et enseignants. L’équipe collectera et produira des contenus intégrés horizontalement (en lien avec le français, les SVT, les langues vivants, l’économie…), et des contenus intégrés verticalement (du primaire à l’université). Elle formera dans les établissements scolaires les personnels intéressés à devenir des contributeurs. CAPELINE s’adresse en priorité aux élèves/étudiants, aux parents d’élèves et, bien sûr, aux enseignants, soit un public possible de l’ordre de 450 000 personnes : 53 % de la population réunionnaise ! Elle remplira la mission de service public de faciliter la mise en oeuvre des programmes nationaux et de valoriser la production et la recherche pédagogiques et universitaires locales, régionales et indiaocéaniques. Son dimensionnement et son évolutivité dépendront des objectifs et des ambitions à définir par les partenaires intéressés à son développement.  Une telle structure produirait aussi une expertise (pédagogique, technologique, scientifique…) susceptible d’intéresser d’autres disciplines, à la Réunion ou à d’autres échelles : Education nationale, sud-ouest de l’océan Indien (Mayotte), outre-mer français (DROM-COM), espace francophone (Madagascar, Comores, Seychelles, Maurice)… Son architecture a été conçue pour être " franchisée " dans d’autres académies. La Réunion s’inscrirait ainsi dans la dynamique contemporaine mondiale de l’innovation inversée. Elèves, parents d’élèves, collègues, passionnés d’histoire, de géographie, de nouvelles technologies, si vous partagez notre analyse, notre ambition et notre enthousiasme à vouloir bâtir un outil qui facilite la réussite et redonne du plaisir à venir en classe, n’hésitez pas à nous soutenir et à nous contacter !

Lauréat du concours